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Services et Équipements·09 septembre 2026·19 min de lecture

Billet coupe-file Santa Maria Novella : faut-il l'acheter ?

La gare de Santa Maria Novella porte le nom de la basilique dont elle a grignoté le parvis.

Billet coupe-file Santa Maria Novella : faut-il l'acheter ?

Billet coupe-file Santa Maria Novella: faut-il vraiment l'acheter?

Quand vous sortez des quais par la sortie principale, le flot des voyageurs vous dépose sur une place traversée par un trafic permanent — bus urbains, taxis, navettes pour Sienne ou Pise — et dont l'alignement de façades ocre ne donne aucune indication immédiate sur le trésor architectural qui se trouve de l'autre côté de la voie ferrée. C'est là, à moins de deux cents mètres du hall des départs, que se dresse l'ensemble monumental de Santa Maria Novella: basilique gothique, cloîtres, chapelles peintes et anciens espaces conventuels.

Basilique Santa Maria NovellaFlorence

Billets et tarifs

Basilique Santa Maria Novella

4,4/5 · 178 avisTarifs vérifiés le 16 juillet 2026Disponible à brève échéance

Billetterie officielle et achat en ligne

Plein tarif10 €
Enfant10 €
Tarif réduit6 €

Site officiel — santacroceopera.it

Tarifs indicatifs, susceptibles de changer — prix et disponibilités confirmés sur la page du partenaire.Lien partenaire — billetterie GetYourGuide

Et c'est là, précisément, que se pose la question que tout visiteur informé finit par se poser: faut-il réserver un billet coupe-file, ou peut-on s'en passer sans conséquence sur son programme florentin?

La réponse tient moins à la basilique elle-même qu'à la géographie de la demande touristique à Florence. Pour comprendre si le billet prioritaire Santa Maria Novella a un sens, il faut d'abord mesurer ce que signifie réellement « attendre » sur ce site par rapport aux autres grands monuments de la ville. Il faut ensuite regarder ce que couvre le tarif d'entrée, à quelle heure organiser la visite et, surtout, distinguer l'accès touristique de l'accès cultuel.

La réalité de l'attente à Santa Maria Novella face aux autres sites florentins

Santa Maria Novella n'est ni le Duomo ni les Offices

Florence fonctionne avec une hiérarchie assez lisible de l'affluence. Aux heures de pointe, notamment entre la fin du printemps et le début de l'automne, la file liée à la coupole du Duomo peut s'étirer longuement. La Galerie des Offices concentre, elle aussi, une demande continue, à laquelle s'ajoutent les groupes et les visiteurs ayant réservé un créneau. À la Galerie de l'Académie, la présence du David de Michel-Ange suffit à créer une pression particulière sur l'entrée, surtout pendant les périodes de forte fréquentation.

Santa Maria Novella se situe dans un autre registre. La basilique est connue, centrale et très visitée, mais elle ne fonctionne pas comme un monument à capacité aussi contrainte que la coupole du Duomo. Elle n'est pas non plus un musée dont la réputation internationale concentre presque tous les flux touristiques sur une entrée unique et un même parcours. Les visiteurs se répartissent entre la basilique, les cloîtres, les chapelles, les espaces conventuels et les autres monuments situés à proximité de la gare.

Une file à la billetterie existe bel et bien, surtout pendant l'été, les week-ends prolongés et les périodes de vacances. Elle n'a toutefois pas le même poids que celles qui se forment devant les principaux sites de la Piazza del Duomo ou devant les Offices. Le mouvement reste généralement lisible: on attend, on achète son entrée, puis on accède au complexe sans que l'ensemble du programme de la journée soit nécessairement remis en cause.

La comparaison doit cependant être maniée avec prudence. Une attente de quelques dizaines de minutes peut sembler acceptable pour un voyageur disposant d'une journée entière, mais devenir gênante lorsqu'elle se place entre deux réservations fixes. Un déjeuner, un train, une visite guidée ou un créneau aux Offices ne laissent pas tous la même marge de manœuvre.

Ce n'est pas seulement la longueur de l'attente qui doit dicter votre choix, mais la place de Santa Maria Novella dans votre journée florentine.

C'est un point que les comparateurs de files d'attente en ligne ont tendance à lisser. En présentant Santa Maria Novella sur la même échelle que le Duomo ou les Offices, ils peuvent créer une anxiété disproportionnée par rapport à la situation habituelle sur place. La basilique reste située au cœur d'un quartier très fréquenté, mais son accès ne produit pas systématiquement un engorgement comparable à celui des monuments les plus demandés.

La présence d'une réservation peut donc être utile sans être indispensable. Elle achète moins un privilège spectaculaire qu'une forme de prévisibilité. Vous savez quand vous présenterez votre billet, vous réduisez le risque de perdre une partie de votre créneau et vous évitez de commencer la visite avec l'impression de courir après l'horloge.

Ce que le billet coupe-file change concrètement

Le billet coupe-file Basilique Santa Maria Novella repose en principe sur une réservation préalable, parfois associée à un horaire d'entrée. Selon le canal utilisé, vous rejoignez une file réservée ou un point d'accès destiné aux détenteurs d'un billet acheté à l'avance. Il ne s'agit pas d'un accès VIP qui permettrait de franchir toutes les étapes sans contrôle: les visiteurs doivent toujours respecter les consignes du site, les horaires et les éventuelles mesures de sécurité.

La différence se joue d'abord sur l'incertitude. Sans réservation, vous dépendez de l'affluence du moment, du nombre de personnes déjà présentes à la billetterie et du temps nécessaire aux achats individuels ou aux groupes. Avec un créneau réservé, vous pouvez organiser plus proprement le reste de votre journée: marché de San Lorenzo, déjeuner autour de la gare, promenade vers le Ponte Vecchio ou départ en train.

Elle se joue ensuite sur la saison. Entre avril et octobre, ainsi qu'autour de certaines fêtes et périodes de vacances, la fréquentation augmente sensiblement. L'achat anticipé devient alors une assurance raisonnable pour les visiteurs qui ne veulent pas improviser. En basse saison, hors week-ends particulièrement demandés, la différence entre le guichet et la réservation peut être beaucoup plus faible. Si vous êtes flexible, patienter quelques minutes ou décaler la visite peut suffire.

Il faut enfin distinguer trois produits que les plateformes mélangent parfois dans leurs intitulés:

  • le billet d'entrée simple, qui donne accès au parcours touristique prévu par le complexe;
  • la réservation avec passage prioritaire ou créneau horaire, dont l'intérêt principal est de fluidifier l'arrivée;
  • la visite guidée ou l'audioguide, qui ajoute un accompagnement culturel et ne se résume pas à un coupe-file.

Le troisième produit peut être pertinent si vous souhaitez comprendre les liens entre architecture dominicaine, peinture florentine et histoire du couvent. Mais il ne faut pas le comparer au seul tarif d'entrée comme s'il s'agissait de deux formules équivalentes. Une visite commentée répond à un besoin différent: elle structure le regard, tandis que le billet prioritaire agit surtout sur l'organisation.

Le billet coupe-file ne transforme donc pas la visite. Il ne donne pas accès à des œuvres différentes et ne remplace pas le temps consacré à regarder les fresques. Il rend l'entrée plus prévisible. Cette nuance suffit à déterminer sa valeur pour certains visiteurs, mais pas pour tous.

Tarification officielle et accès au complexe: ce que comprend votre billet

Le tarif d'entrée à Santa Maria Novella dépend du type de billet, de l'âge du visiteur et du canal de réservation. Le prix affiché par l'administration du site et celui proposé par un intermédiaire peuvent différer, notamment lorsque des frais de service, un audioguide ou un accompagnement sont ajoutés.

Avant de payer, il faut surtout vérifier le périmètre réel de l'entrée. Le billet touristique ne correspond pas uniquement à un passage dans la nef. Il donne accès à un ensemble monumental dont les parties se répondent, mais qui ne se visitent pas toutes avec le même degré d'attention.

Les espaces inclus dans le parcours

Selon la formule choisie et les conditions d'ouverture du jour, le parcours comprend généralement les espaces suivants:

1. La basilique — sa nef gothique, ses bandes de marbre polychrome et ses chapelles forment le premier temps de la visite. L'édifice ne doit pas être réduit à un simple écrin pour quelques œuvres célèbres: ses proportions, sa lumière et son organisation liturgique expliquent une grande partie de son importance dans l'histoire de Florence.

2. La Trinité de Masaccio — peinte vers 1427 sur un mur de la nef, la fresque est l'un des repères essentiels de la peinture florentine du début de la Renaissance. La construction en perspective donne l'impression d'une architecture qui prolonge l'espace réel. Il faut prendre le temps de regarder la profondeur peinte, mais aussi la manière dont les figures s'inscrivent dans cette construction.

3. La sacristie — cet espace prolonge la visite de la basilique par un environnement plus resserré, lié à la vie liturgique et conventuelle. Le changement d'échelle est intéressant: après la monumentalité de la nef, le regard se porte davantage sur les objets, les détails décoratifs et les relations entre les différentes fonctions du complexe.

4. Le cimetière des Avelli — ses arcades et ses sarcophages créent une transition particulière entre la basilique et les cloîtres. Ce n'est pas l'espace le plus spectaculaire au premier regard, mais il aide à comprendre l'épaisseur historique du site et son rôle funéraire.

5. Le Cloître Vert (Chiostro Verde) — il doit son nom aux fresques réalisées en terre verte, notamment au cycle associé à Paolo Uccello et à son atelier. Les scènes, dont le Déluge, attirent l'attention par leur dessin, leurs volumes et leur traitement de l'espace. L'état de conservation peut modifier la perception des couleurs: il ne faut pas attendre une fraîcheur chromatique comparable à celle d'une œuvre récemment restaurée.

6. La Chapelle des Espagnols (Cappella degli Spagnoli) — son vaste décor peint est principalement attribué à Andrea di Bonaiuto, également appelé Andrea da Firenze, et remonte au XIVe siècle. Le cycle développe des scènes religieuses et des compositions théologiques liées à l'ordre dominicain. La chapelle est remarquable par l'ampleur de son programme, la densité des figures et la façon dont peinture, architecture et pensée religieuse sont réunies dans un même espace.

7. Le Réfectoire — cet ancien espace de la vie conventuelle complète le parcours. Il apporte un autre éclairage sur le fonctionnement du couvent et sur la manière dont un ensemble religieux organisait à la fois la prière, les repas, l'étude, l'accueil et la circulation des membres de la communauté.

La correction d'une confusion fréquente est ici essentielle: la Chapelle des Espagnols ne doit pas être attribuée à Domenico Ghirlandaio. Ghirlandaio est principalement associé au cycle de la chapelle Tornabuoni, dans la basilique de Santa Maria Novella, où il a travaillé avec son atelier à la fin du XVe siècle. Andrea di Bonaiuto appartient à une génération antérieure et constitue la référence à retenir pour la Chapelle des Espagnols.

Cette distinction n'est pas un détail de catalogue. Elle change la lecture du site. La visite met en présence plusieurs moments de l'art florentin: la peinture du XIVe siècle avec Andrea di Bonaiuto, l'expérimentation de la perspective avec Masaccio, les recherches spatiales de Paolo Uccello et le grand décor de la Renaissance avancée dans la chapelle Tornabuoni. Tout réunir sous le seul nom de Ghirlandaio revient à effacer la chronologie et la diversité artistique du complexe.

Le rôle de la chapelle Tornabuoni dans la visite

La chapelle Tornabuoni mérite une mention séparée, car c'est elle qui est liée à Domenico Ghirlandaio et à son atelier. Le cycle consacré à la vie de la Vierge et à celle de saint Jean-Baptiste s'inscrit dans le contexte de la Florence de la fin du Quattrocento. On y reconnaît l'attention portée aux architectures, aux étoffes, aux portraits et à la représentation de la vie contemporaine.

Pour le visiteur, cette distinction permet de mieux organiser son regard:

  • Masaccio est à observer pour la construction de l'espace et la perspective;
  • Andrea di Bonaiuto pour l'ampleur théologique et narrative de la Chapelle des Espagnols;
  • Paolo Uccello pour les recherches graphiques et spatiales du Cloître Vert;
  • Ghirlandaio pour le grand cycle de la chapelle Tornabuoni.

Le billet donne accès à un parcours commun, mais rien n'oblige à regarder chaque salle de la même manière. Une visite rapide peut se concentrer sur les œuvres les plus célèbres. Une visite plus attentive doit au contraire ménager des pauses, car l'intérêt de Santa Maria Novella réside aussi dans les écarts entre les périodes et les fonctions.

Horaires d'ouverture et planification stratégique de votre visite

Les horaires de Santa Maria Novella ne sont pas parfaitement uniformes selon les jours. La journée du vendredi est notamment décalée, tandis que le dimanche impose une ouverture plus tardive. Les horaires peuvent aussi être modifiés par les offices religieux, les fêtes liturgiques, les événements ou les opérations de conservation. Il est donc prudent de vérifier le calendrier officiel au moment de réserver.

À titre de repère, la grille habituellement annoncée se présente ainsi:

JourOuvertureFermeture
Du lundi au jeudi9 h 0017 h 30
Vendredi11 h 0017 h 30
Samedi9 h 0017 h 00
Dimanche13 h 0017 h 00

La dernière entrée intervient généralement avant la fermeture. Cette limite est déterminante pour les visiteurs qui envisagent une arrivée en fin de journée. Entrer peu avant la fermeture peut convenir à une découverte rapide, mais pas à une lecture attentive des fresques, des chapelles et des espaces conventuels.

Les créneaux qui fonctionnent le mieux

En semaine, le début de matinée reste le choix le plus simple pendant la haute saison. Le flux augmente habituellement à mesure que les groupes commencent leur circuit florentin, puis se densifie autour de la fin de matinée et du début d'après-midi. Arriver tôt ne supprime pas nécessairement toute attente, mais réduit le risque de commencer la visite au moment le plus chargé.

Le vendredi mérite un traitement particulier. Le site ouvrant plus tard, il ne faut pas prévoir Santa Maria Novella comme première visite de la matinée. En revanche, le créneau qui suit l'ouverture peut convenir aux voyageurs dont le programme commence par un autre musée ou une promenade dans le centre historique.

Le dimanche demande la même vigilance. Une arrivée le matin ne permet pas forcément d'entrer dans le circuit touristique, même si la basilique peut être concernée par des activités cultuelles. Il faut distinguer l'heure à laquelle on peut accéder à l'église pour un motif religieux de l'heure d'ouverture du parcours payant.

En fin d'après-midi, la situation dépend beaucoup du jour et de la saison. Le nombre de visiteurs peut diminuer, mais le temps disponible se réduit lui aussi. Un billet coupe-file réservé à une heure tardive n'est donc pas automatiquement un bon choix: gagner l'accès pour ne disposer ensuite que de quelques dizaines de minutes n'a pas le même intérêt qu'une entrée prioritaire en milieu de journée.

Réserver ou rester flexible?

La réservation coupe-file Florence est surtout pertinente lorsque votre itinéraire est déjà construit. Si vous avez réservé les Offices le matin, prévu un déjeuner à une heure précise et acheté un billet de train le soir, l'entrée prioritaire peut éviter qu'une file imprévue ne désorganise l'ensemble.

Elle l'est moins lorsque vous pouvez déplacer la visite. Florence se prête assez bien aux ajustements: un site est plus chargé que prévu, vous partez déjeuner, vous revenez plus tard. Dans ce cas, payer des frais supplémentaires pour une réservation qui ne vous fait gagner qu'un temps limité n'est pas forcément rationnel.

Une règle simple peut aider:

  • programme serré et haute saison: réserver apporte une sécurité appréciable;
  • visite en basse saison et horaires souples: le guichet peut suffire;
  • visite centrée sur la prière ou la nef: le billet touristique n'est pas nécessaire;
  • intérêt pour les cloîtres, les fresques et les espaces conventuels: il faut prévoir une entrée touristique;
  • envie d'explications détaillées: comparer le simple coupe-file avec une visite guidée, sans confondre les deux prestations.

Chefs-d'œuvre incontournables: de la Trinité de Masaccio aux fresques de Ghirlandaio

Le risque, à Santa Maria Novella, est de considérer la basilique comme une étape rapide entre la gare et le centre historique. La proximité géographique rend la visite facile à ajouter au programme, mais elle peut aussi donner l'impression qu'il s'agit d'un monument à voir en quelques minutes. Ce serait passer à côté de la logique du lieu.

La Trinité de Masaccio: une œuvre à regarder dans la durée

La Trinité de Masaccio ne produit pas seulement son effet par son sujet ou son ancienneté. Elle se distingue par la construction de l'espace. L'architecture peinte semble s'ouvrir dans le mur, avec une profondeur organisée selon un point de vue précis. Le visiteur se trouve face à une image qui dialogue directement avec l'architecture réelle de la nef.

Pour l'observer correctement, il vaut mieux éviter de la traiter comme une simple reproduction à identifier. Regardez la voûte, les colonnes, la position des figures et le rapport entre le point de vue supposé du spectateur et la construction peinte. Cette attention demande peu de temps supplémentaire, mais elle transforme la perception de l'œuvre.

Le Cloître Vert et la Chapelle des Espagnols

Le Cloître Vert introduit un autre rapport à la peinture. Les fresques, avec leur gamme de terres et de verts, sont liées à la circulation dans l'espace du cloître. On ne les regarde pas toutes depuis un point fixe comme un tableau de musée: le parcours, les arcades et les variations de lumière interviennent dans l'expérience.

La Chapelle des Espagnols impose encore une autre échelle. Le décor d'Andrea di Bonaiuto enveloppe l'espace et demande un regard plus panoramique. Les scènes ne sont pas une série de tableaux indépendants: elles participent à un programme d'ensemble, lié à l'histoire de l'ordre dominicain et à sa conception du savoir, de la prédication et de la théologie.

Cette chapelle est souvent présentée comme un point culminant de la visite, mais pour de bonnes raisons qui ne tiennent pas à une attribution erronée à Ghirlandaio. Son intérêt vient de la cohérence du décor, de sa densité iconographique et de son rapport à l'architecture. La comparer directement à la chapelle Tornabuoni permet de comprendre deux manières très différentes d'organiser un espace peint.

La chapelle Tornabuoni et Ghirlandaio

La chapelle Tornabuoni appartient à un moment plus tardif de l'histoire florentine. Les fresques de Domenico Ghirlandaio et de son atelier associent les épisodes religieux à des éléments reconnaissables de la société contemporaine: costumes, architectures, personnages et gestes du quotidien. Ce rapprochement entre récit sacré et monde florentin contribue à la force du cycle.

Il est donc utile de retenir une chronologie élémentaire avant la visite. La Trinité de Masaccio appartient au début du Quattrocento. Les décors du Cloître Vert et de la Chapelle des Espagnols renvoient à des étapes antérieures ou différentes de la peinture florentine. Ghirlandaio, lui, intervient dans le grand mouvement de la fin du XVe siècle, notamment à la chapelle Tornabuoni.

Cette chronologie donne de la profondeur au parcours. Sans elle, les œuvres risquent de se succéder comme une collection de noms célèbres. Avec elle, le complexe apparaît comme un lieu où plusieurs siècles de commandes religieuses, de recherches artistiques et de transformations urbaines restent visibles dans un même périmètre.

Distinction entre accès touristique et accès cultuel pour la prière

Un point souvent négligé change pourtant la décision pour certains visiteurs: l'accès à la basilique pour la prière personnelle ou la participation aux offices ne se confond pas avec le parcours touristique payant.

Si votre objectif principal est religieux — prier, assister à une messe ou entrer dans la nef dans le cadre du culte —, vous n'avez pas nécessairement besoin d'acheter un billet touristique. L'accès cultuel suit ses propres règles et peut être séparé du circuit réservé aux visiteurs. Il faut respecter les horaires des offices, les consignes du personnel et la tenue attendue dans un lieu de culte.

Cette entrée ne donne pas automatiquement accès aux cloîtres, à la Chapelle des Espagnols, au Cloître Vert, à la chapelle Tornabuoni ou au Réfectoire. Ces espaces appartiennent au parcours culturel et nécessitent un billet lorsque leur visite est ouverte au public.

La confusion vient du fait que l'expression « visiter Santa Maria Novella » recouvre deux réalités. Pour certains, elle signifie entrer dans la basilique et s'asseoir quelques minutes dans la nef. Pour d'autres, elle désigne l'ensemble monumental, ses fresques, ses cloîtres et son histoire dominicaine. Les deux expériences ne supposent ni le même temps ni le même tarif.

Entrer dans la basilique pour prier et visiter le complexe monumental sont deux démarches différentes, même lorsqu'elles commencent à la même porte.

Cette distinction est particulièrement importante le dimanche et lors des fêtes religieuses. L'accès cultuel peut être maintenu alors que le circuit touristique fonctionne selon des horaires réduits ou des conditions particulières. À l'inverse, une réservation touristique ne donne pas le droit de perturber un office ni de circuler librement dans les espaces utilisés pour le culte.

Alors, faut-il acheter un billet prioritaire Santa Maria Novella?

Le billet coupe-file n'est ni une nécessité universelle ni une simple arnaque commerciale. C'est un outil de planification dont l'intérêt dépend du contexte.

Il se justifie assez facilement dans quatre situations:

  • vous visitez Florence pendant une période de forte fréquentation et vous voulez limiter les imprévus;
  • votre journée comprend plusieurs réservations fixes ou un départ en train depuis Santa Maria Novella;
  • vous voyagez avec des enfants, des personnes âgées ou un groupe peu disposé à attendre;
  • vous souhaitez consacrer du temps aux fresques de Masaccio, d'Andrea di Bonaiuto et de Ghirlandaio sans devoir raccourcir la visite à cause d'un retard à l'entrée.

Il perd en revanche de sa pertinence si vous venez hors saison, si vous pouvez modifier votre itinéraire ou si vous souhaitez simplement entrer dans la nef pour un moment de prière. Dans ce dernier cas, le billet touristique n'est pas la bonne catégorie de produit.

Le tarif d'entrée Santa Maria Novella doit aussi être comparé à ce qu'il inclut réellement. Un billet plus cher n'est pas nécessairement un meilleur billet: il peut simplement intégrer des frais de réservation, un audioguide ou une visite accompagnée. La bonne comparaison porte donc sur le périmètre d'accès, le degré de priorité et les services ajoutés, pas uniquement sur le montant final.

Santa Maria Novella reste l'un des sites florentins où l'organisation rationnelle compte davantage que la course à la réservation. Le coupe-file peut sécuriser une journée dense, mais il ne s'impose pas avec la même force que pour les monuments où l'accès est constamment saturé. Si votre programme est souple, arrivez tôt ou choisissez un créneau moins demandé et gardez votre budget pour une visite guidée ou pour un autre monument.

La vraie question n'est donc pas de savoir si un billet prioritaire est toujours utile. Elle est de savoir ce que vous voulez voir, combien de temps vous avez et si votre visite relève du tourisme culturel ou du culte. Une fois cette distinction posée, le choix devient beaucoup plus simple: pour la basilique seule, le coupe-file peut être superflu; pour l'ensemble monumental, en haute saison et dans un programme serré, il devient une assurance raisonnable plutôt qu'un achat obligatoire.

Infos pratiques

Monnaie : EUR

Conduite : à droite

Numéro d'urgence : 112

à partir de 25 €Réserver des billets

Questions fréquentes

Le billet coupe-file de Santa Maria Novella vaut-il vraiment le prix ?
Il peut être intéressant en haute saison, lorsque votre journée comporte plusieurs horaires fixes ou un départ en train. Si vous êtes flexible, notamment en basse saison, le guichet peut suffire, car l’attente est généralement moins contraignante que devant le Duomo ou les Offices.
Que comprend le billet touristique de Santa Maria Novella ?
Selon la formule choisie et les conditions d’ouverture du jour, il peut donner accès à la basilique, à la sacristie, au cimetière des Avelli, au Cloître Vert, à la Chapelle des Espagnols, au Réfectoire et à la chapelle Tornabuoni. Il faut vérifier le périmètre exact avant l’achat.
Peut-on entrer à Santa Maria Novella pour prier sans acheter de billet touristique ?
Oui, l’accès cultuel pour prier ou assister à un office suit ses propres règles et ne nécessite pas nécessairement de billet touristique. Il ne donne toutefois pas automatiquement accès aux cloîtres, aux chapelles et aux autres espaces du parcours culturel.
Quels sont les horaires d’ouverture de Santa Maria Novella ?
À titre habituel, le site est ouvert de 9 h à 17 h 30 du lundi au jeudi, de 11 h à 17 h 30 le vendredi, de 9 h à 17 h le samedi et de 13 h à 17 h le dimanche. Ces horaires peuvent changer en fonction des offices religieux, des fêtes, des événements ou des opérations de conservation.
Qui a peint la Chapelle des Espagnols à Santa Maria Novella ?
La Chapelle des Espagnols est principalement attribuée à Andrea di Bonaiuto, également appelé Andrea da Firenze, et remonte au XIVe siècle. Elle ne doit pas être attribuée à Domenico Ghirlandaio, qui est notamment associé à la chapelle Tornabuoni.

Photo: Commonists / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Par Manon Lartigues