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Hôtellerie de luxe : deux nouvelles adresses provençales distinguées par trois clefs Michelin

Le guide Michelin vient de coiffer deux adresses du sud — Le Couvent des Minimes, à Mane-en-Provence, et le Château de la Chèvre d'Or, à Èze — de sa troisième clef, comme le rapporte Le Figaro dans…

Aurélien Bressand·mis à jour 19 septembre 2026

Hôtellerie de luxe : deux nouvelles adresses provençales distinguées par trois clefs Michelin

Le guide Michelin vient de coiffer deux adresses du sud — Le Couvent des Minimes, à Mane-en-Provence, et le Château de la Chèvre d'Or, à Èze — de sa troisième clef, comme le rapporte Le Figaro dans son édition du 18 septembre. Pour une cité phocéenne qui regarde toujours en direction de sa voisine azuréenne et de l'arrière-pays provençal, la nouvelle a de quoi faire lever un sourcil: à quoi sert réellement cette troisième clef quand l'expérience hôtelière, elle, reste à vérifier sur place?

Deux maisons, deux postures très assumées

Le Couvent des Minimes — ancien couvent reconverti en hôtel-relais à Mane, dans les Alpes-de-Haute-Provence — joue la carte du monastique: murs épais, lumière filtrée, silence presque monacal, et cette promesse d'un retour à soi que le marketing hôtelier sert à toutes les sauces depuis vingt ans. La Chèvre d'Or, à Èze, cultive depuis longtemps un autre registre — village perché, vues plongeantes, jardins en restanques, et un parti pris médiéval-végétal qui fait tout le prix comme tout le charme. Deux maisons déjà bien identifiées par une clientèle qui réserve souvent avant même de consulter un guide. La troisième clef vient donc moins couronner une découverte que valider une stature — et un tarif qui, lui, n'a jamais attendu la sanction de personne.

La mécanique des clefs, sans complaisance

Pour cette deuxième édition du palmarès hôtelier, Michelin a distingué 470 hôtels supplémentaires, portant le total mondial à 2 832 établissements répartis dans 79 pays. Sur ce total — et c'est l'information qu'il faut retenir — seuls 155 affichent les trois clefs, la distinction la plus élevée. La France en compte 25, ce qui en fait, selon les chiffres relayés par l'Afp, la destination la plus représentée dans cette catégorie, devant les États-Unis (359 hôtels au classement) et l'Italie (224). Gwendal Poullennec, directeur du guide, observe un «dynamisme du secteur» lié aux ouvertures et un retour marqué des grands groupes vers l'hôtellerie dite expérientielle. La méthodologie, elle, reste opaque pour le lecteur: visites mystère menées par des professionnels, puis commission prélevée par Michelin sur les réservations effectuées via sa propre plateforme. Le distinguo vaut donc autant pour le voyageur que pour le guide — un détail que les dossiers de presse oublient souvent de préciser.

Et Marseille, dans tout ça?

Pour la cité phocéenne, la leçon n'est pas dans la troisième clef. Elle est dans ce que cette distinction, par son périmètre, dessine en creux: un monde de palaces parisiens, de relais historiques, de lodges internationaux. Le Crillon, par exemple, ne figure qu'à la 14ᵉ place du classement The 50 — autre palmarès concurrent, propriété du groupe britannique William Reed, où la France ne compte que six adresses — tandis que le Rosewood Hong Kong trône pour la deuxième année consécutive. Une cartographie qui parle moins de talent que de moyens. Les hôtels singuliers de Marseille — qu'ils soient deux étoiles discrètes ou adresses indépendantes hors des radars — se jugent, eux, quartier par quartier, saison par saison. Sans macaron, mais avec une exigence que la troisième clef, aussi brillante soit-elle, ne remplace pas.