mariettepacha
Actualité

L'amphithéâtre oublié du toit de la Région : un trésor marseillais sous scellés

C'est ce que révèle Marsactu, à partir de la découverte fortuite, il y a deux ans, de la militante et anthropologue Laura Spica.

Aurélien Bressand·mis à jour 27 août 2026

L'amphithéâtre oublié du toit de la Région : un trésor marseillais sous scellés

Sur le toit du bâtiment qui abrite le conseil régional, porte d'Aix, un amphithéâtre à ciel ouvert sommeille derrière ses grilles — inaccessible aux Marseillais depuis près de trente ans. C'est ce que révèle Marsactu, à partir de la découverte fortuite, il y a deux ans, de la militante et anthropologue Laura Spica. Un patrimoine en suspens, oublié de tous, que la rumeur phocéenne n'avait même pas pris la peine de conserver.

Un amphithéâtre perché, mais pour qui?

Le lieu surprend par sa localisation: un toit-terrasse au cœur administratif de la cité, transformant un bâtiment fonctionnel en belvédère potentiel. Niché au-dessus de l'hôtel de région, l'espace épouse la ville mais s'en dérobe — grillagé, verrouillé, hors d'atteinte. L'ironie est savoureuse: un équipement conçu pour accueillir du public finit par se retourner contre lui-même, devenant le privilège involontaire de quelques fonctionnaires ou passants attentifs.

Reste une matérialité à interroger. Trente années d'abandon modifient un ouvrage: étanchéité, sécurité, conformité d'usage ne se devinent pas depuis le bitume. Sans visite technique documentée, impossible d'affirmer si ce théâtre de fortune peut rouvrir demain ou s'il appartient désormais au registre des intentions perdues.

Marseille, ses toits et ses promesses

Pour qui suit l'hôtellerie et les lieux singuliers de la ville, l'affaire dit autre chose qu'une anecdote patrimoniale. Marseille regorge de volumes inexploités — toitures, cours, sous-sols — que des adresses indépendantes savent transformer en signature. Ici, c'est l'inverse: la puissance publique détient un espace atypique et ne s'en sert pas, quand des hôteliers du quartier parviendraient probablement à en faire un objet d'expérience.

La suite dépend d'une volonté politique simple: rouvrir, détruire, ou laisser dormir. Trois options, trois postures — aucune n'étant neutre pour le paysage urbain. À surveiller: les éventuelles annonces de la région sur la réhabilitation de ce toit, et la manière dont ce théâtre oublié rejoindra — ou non — la carte des adresses qui font vraiment Marseille.