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Stratégie Instagram : les leçons de l'Hôtel Martinez pour les indépendants marseillais

Selon le baromètre Kolsquare couvrant le premier semestre 2026, l'Hôtel Martinez — palace cannois du groupe Hyatt — s'installe à la deuxième place du classement des marques Voyage & Tourisme les plus…

Aurélien Bressand·mis à jour 04 septembre 2026

Stratégie Instagram : les leçons de l'Hôtel Martinez pour les indépendants marseillais

Selon le baromètre Kolsquare couvrant le premier semestre 2026, l'Hôtel Martinez — palace cannois du groupe Hyatt — s'installe à la deuxième place du classement des marques Voyage & Tourisme les plus influentes sur Instagram en France, juste derrière Disneyland Paris. L'établissement signe surtout le meilleur taux d'engagement du podium (26,2 %) — un ratio qui mérite qu'on s'y arrête, surtout quand on tient un hôtel indépendant à Marseille.

Ce que mesure vraiment le palmarès

Le classement publié en juillet 2026 analyse 1 220 comptes Instagram entre janvier et juin 2026, comparés à la même période en 2025. La méthode repose sur l'Earned Media Value (EMV), qui attribue une valeur monétaire aux likes, commentaires et partages selon la méthode Ayzenberg. Au total, 640 867 contenus ont été identifiés, relayés par plus de 203 415 profils de créateurs.

Disneyland Paris trône avec 14 266 555 € d'EMV — 1 615 créateurs, 8 802 contenus. Le Martinez génère 8 255 220 € d'EMV avec 380 créateurs et 1 355 contenus. Moins du quart de la communauté, presque la même valeur médiatique. Voilà la promesse — désormais chiffrée — d'une stratégie d'influence resserrée, plutôt que d'une logique de volume.

Ce que ça dit aux hôteliers marseillais

Le piège serait de singer le palace. À Marseille, l'enjeu n'est pas d'imiter la Croisette, mais de comprendre le mécanisme: un taux d'engagement de 26,2 % suppose une cohérence entre le lieu, le contenu et la communauté qu'on choisit. Un deux étoiles du Panier ou de la Plaine n'a ni le même bassin de créateurs ni la même latitude tarifaire — il faut donc choisir ses combats.

Ce qui reste exportable: la discipline du récit. Les palaces vendent du rêve — les hôtels indépendants à Marseille vendent une matérialité, un quartier, une lumière. Ce sont des angles, à condition de les tenir jusqu'au bout, y compris dans l'expérience réelle du séjour. Une façadephotogénique ne sauve pas un check-up tatillon, et Instagram pardonne encore moins l'incohérence qu'un dossier de presse.

Cannes en vitrine, Marseille en pointillés

Le podium hôtelier français est intégralement cannois: Carlton Cannes en deuxième position de la catégorie (3 725 390 € d'EMV, +5 places), Majestic en troisième (2 865 521 €, +16 places, taux d'engagement de 5,8 %), JW Marriott qui bondit de trente-deux places. Quatre établissements de la Croisette dans le top 10 national — une densité qui confine à la monoculture.

Marseille, pour l'heure, brille par son absence — et c'est peut-être moins un déficit de lieux qu'un manque de doctrine d'image assumée. À surveiller: la manière dont les adresses marseillaises — du Mucem aux hôtels particuliers de Belsunce, en passant par les deux étoiles qui font le quotidien de la cité phocéenne — construiront leur propre grammaire visuelle. La prochaine rentrée dira si Marseille accepte longtemps de n'être qu'un décor dans le récit des autres — ou si elle assume, enfin, sa propre légende.