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Tourisme durable : le Domaine de Montagne décroche le label Clef Verte

Le Domaine de Montagne, établissement installé à près de 900 mètres d'altitude à Ventron dans les Hautes-Vosges, vient d'obtenir le label Clef Verte 2026, selon RSE Magazine.

Manon Lartigues·mis à jour 20 juillet 2026

Tourisme durable : le Domaine de Montagne décroche le label Clef Verte

Cette distinction, délivrée par l'association Teragir, récompense les structures touristiques capables de démontrer une performance environnementale mesurable sur l'ensemble de leur fonctionnement — de la gouvernance à la gestion des déchets en passant par la sensibilisation de la clientèle. Pour les voyageurs qui scrutent désormais les engagements concrets plutôt que les promesses de façade, et pour l'hôtellerie marseillaise confrontée à ses propres tensions entre affluence estivale et préservation des milieux littoraux, cette labellisation vosgeoise trace un sillon qui mérite qu'on s'y arrête.

Un référentiel exigeant, pas une simple plaque à l'entrée

Le label Clef Verte ne se résume pas à un tampon vert apposé sur un site internet. Son référentiel 2026 impose des dizaines de critères couvrant la maîtrise des consommations d'eau et d'énergie, les achats responsables, la protection de la biodiversité et l'engagement des salariés comme des hôtes. Surtout, la logique d'amélioration continue qui le fonde contraint chaque établissement labellisé à progresser chaque année, en ajoutant de nouveaux objectifs aux exigences impératives déjà satisfaites. On sort ici de la certification ponctuelle: la performance environnementale doit être démontrée dans la durée et faire l'objet d'un suivi régulier. Ce mécanisme distingue radicalement le label d'une communication verte à bon marché — précisément le type de distinction qui devrait intéresser les établissements marseillais souhaitant crédibiliser leur démarche au-delà de la vitrine numérique.

Le terrain vosgien comme banc d'essai

Le Domaine de Montagne coche des cases qui parlent à quiconque s'intéresse à l'articulation entre tourisme et milieu sensible. Implanté sur le site historique de l'Ermitage Frère Joseph, au cœur du Parc naturel régional des Ballons des Vosges, il évolue dans un écosystème où la biodiversité n'est pas un concept abstrait: les Hautes-Vosges abritent l'un des derniers refuges français du Grand Tétras, des tourbières et des prairies d'altitude qui concentrent près de 90 % de la production sauvage nationale d'arnica. L'établissement a par ailleurs récemment ouvert le Chalet Frère Joseph, nouvelle vitrine d'un projet touristique tourné vers les quatre saisons. Chaque choix architectural ou logistique s'inscrit dans un contexte topographique et écologique précis — la montagne n'autorise pas les approximations que la ville parfois tolère.

Ce que Marseille peut lire entre les lignes

Le parallèle avec la cité phocéenne n'est pas anodin. Marseille aussi héberge des milieux remarquables — les calanques, le tombol de l'Estaque, les zones humides du bas-du-pré — soumis à une pression touristique croissante. Si le label Clef Verte reste encore confidentiel dans l'hôtellerie urbaine et littorale, son cadre méthodologique offre une grille applicable à bien des structures: hôtels de centre-ville, résidences de tourisme, hostels du Vieux-Port. L'exigence de progrès annuel force à dépasser la simple intention et à rendre compte concrètement de ses choix — poste énergie, gestion des eaux, approvisionnement, relation aux riverains. Pour le voyageur qui choisit Marseille, cette grille peut aussi devenir un outil de lecture: repérer les établissements qui s'en réclament, questionner la substance derrière l'affichage. À l'heure où le label Clef Verte continue de s'imposer comme référence nationale du tourisme durable, le terrain vosgien rappelle que la crédibilité se construit dossier après dossier — pas slogan après slogan.